Les Japonais sont des fous furieux (mais ils le vivent bien), en 3 exemples.

Ce qui est sympa avec le Japon, c’est qu’il faut faire 12 heures d’avion pour être totalement dépaysé. Remarquez, pour quelqu’un qui habite à Paris et dont le meilleur ami habite à Massy, 45 minutes de RER suffisent pour aboutir au même résultat. Mais passons.

Les Japonais, outre le fait d’être Japonais, sont des gens parfois bizarres, parfois un peu curieux, des fois carrément flippants mais, globalement plutôt attachants tant que vous n’avez pas la mauvaise idée de goûter leurs lamelles de foie de boeuf cru (si un jour vous allez au restaurant avec ELLE, ne l’écoutez jamais, j’ai bien dit JAMAIS, si elle s’extasie sur un air de « ô regarde, ça a l’air joli et bon ce qu’ils ont pris à la table d’à côté !« , vous risquez de le regretter et cela vous hantera encore et encore, et encore, au point de le resservir sur un blog beauté 8 mois après les faits).

Je n’ai pas, contrairement à ELLE, la chance d’avoir une connaissance relativement poussée (et passionnée) de la culture japonaise. A vrai dire, avant le voyage, le Japon était un pays comme un autre, un peu loin, un peu geek, un peu hyper balaise dans tous les domaines technologiques, avec des samouraïs qui piquent comme la sauce dans les kebabs (coïncidence ? Ouais, je crois bien…) et, bref, enfin, beaucoup de bêtises dans ce genre en tête. Dit autrement : les Japonais me semblaient des fous furieux potentiellement captivants, et après trois semaines à visiter Tokyo, Kyoto et Osaka, je peux le confirmer : ce sont bien des fous furieux, ou des doux furieux. Voici, en exemple, trois points qui m’ont vraiment marqués.

1. Les toilettes japonaises sont les toilettes les plus funky du monde.

 J’ai beau avoir lu et surtout vu beaucoup de documentaires à leur sujet, j’ai beau être du genre « absolutely technologic, definitely geek« , j’ai beau en avoir beaucoup entendu par des amis revenus au Japon, mais tel Saint Marc, il fallait que je  vois ces toilettes pour y croire. [Attendez, je confonds toujours : Saint Marc ou Saint Thomas ?]

Plus que nulle part ailleurs, les toilettes japonaises méritent le titre de TRÔNE. De loin, elles ressemblent à des toilettes normales, en un peu plus propres. De près, leur simple vision réveille le capitaine Kirk (ou le Monsieur Spock) qui sommeille en moi, tout excité par leur confort et tous les petits boutons qui poussent dans tous les sens. Première chose qui frappe (en tous cas chez les toilettes hommes) : là où normalement il devrait y avoir un bouton pour tirer la chasse, vous trouverez régulièrement un petit lavabo, pour se nettoyer les mains. Deuxième chose qui frappe : la lunette est chauffée ! Troisième chose qui frappe : sur votre gauche (ou votre droite), vous trouverez un petit panneau de commande avec plein de petits idéogrammes incompréhensibles. Fort heureusement, des petits dessins sont là, suffisamment explicites pour comprendre que telle touche permet de réchauffer l’eau, telle touche permet de faire sortir le petit jet d’eau final (pour nettoyer son popotin), telle touche permet de lancer la petite musique ou les bruits imitation chasse d’eau pour masquer les autres sons moins… enfin, les autres sons. Et tout ce que je raconte est vrai quels que soient les toilettes : privées, dans les hôtels, dans les toilettes publiques des métros (oui, il y en a, et on pourrait s’y rouler par terre sans crainte pathologique), dans les centre commerciaux.

Au Japon, le leader des toilettes s’appelle Toto. Un nom qui fait sourire n’importe quel français, aussi vrai que les Japonais s’étonnent du nom d’une collection d’un célèbre opticien puisque « Tchin-Tchin » veut dire zizi. Toto dispose d’un showroom à Tokyo, dans le quartier de Shinjuku, dans la L Tower, en face de la Cocoon Tower (l’un de mes coups de coeur architecturaux), à deux pas de l’hôtel dans lequel Sofia Copola a tourné Lost in Translation. La visite est gratuite pour peu que vous ayez le courage d’escalader les 40 étages (mais rassurez-vous, ils ont des ascenseurs au Japon, qui marchent même plutôt bien) et, sur deux niveaux, vous serez au paradis du bidet, de la baignoire et du trône High-Tech. Ils sont fous ces Japonais.

2. Les Japonais n’ont aucun complexe avec la pornographie.

Les Japonais sont des gros pervers, c’est bien connu. Nan, sérieux, c’est pas un cliché ! Mais ils sont surtout « pervers » parce que nous, braves occidentaux, vivons dans une société à la pudeur toute judéo-chrétienne donc, forcément, c’est plus compliqué de trouver chez nous, entre les magazines automobiles et Marie Claire, des magazines consacrés aux écolières en petite tenue.

Je me doutais bien qu’il y avait quelque chose de louche dans ce pays. On n’invente pas la plus grosse (et quasiment unique) industrie de dessins animés pornographiques juste comme ça, pour le fun. A vrai dire, je ne préfère pas m’aventurer à analyser le pourquoi du comment de cette liberté sexuelle (au moins sur le papier). Je ne peux que m’étonner, m’ébahir, sourire, lorsque dans les Seven-Eleven (une chaîne de kombinis, les kombinis étant les supérettes de quartier ouvertes 24heures sur 24, 7 jours sur 7, où vous trouverez de quoi boire, manger, naître, vivre, mourir) des magazines X se baladent au milieu des autres, ni vue ni connu. A Tokyo, dans les quartier de Akihabara (秋葉原) ou du Kabutochō (兜町) [quartier qui héberge la bourse de Tokyo, sans mauvais jeu de mot] les sexshops s’affichent en rose fluo, sans complexe, bien évidemment interdits aux mineurs, mais sans complexe quand même. Dans les journaux, les clips, les mangas, les lecteurs ont régulièrement droit à leur petite fan service et on ne compte plus les cafés où les serveuses (souvent jeunes et rarement laides) vous servent tout sourire en tenues de soubrette. Il paraît même que dans certains endroits des distributeurs de petites culottes usagées sont en libre service, allez savoir pour quel usage (^_^) Ah, c’est beau le Japon…

3. Les Japonais sont des fous furieux de la propreté.

ELLE et moi sommes tombés sur ce petit stand en libre service dans une rue entre le marché aux poissons de Tsukiji (築地市場) et le quartier branché de Ginza (銀座). Comme l’expliquent les images, cette machine sert à nettoyer les lunettes. Dans le premier bain, un train d’ultrasons et des micro-vibrations permettent de faire tomber la saleté de vos binocles. Dans le second, vous les rincez. Net, rapide, efficacité à la japonaise. C’est chouette la technologie, dommage que cela n’existe pas en France. (En d’autres temps ce genre de service m’aurait rappelé les cireurs de chaussures ambulants.)

D’une manière générale, Tokyo (mais pas vraiment Osaka) est d’une propreté absolument hallucinante. Il n’y a pourtant pas beaucoup (voire pas du tout) de poubelles publiques dans les rues, mais celles-ci ne voient traîner aucun papier gras, aucune déjection canine, aucune tâche douteuse et obscène. Je vous en ai déjà parlé : des employés sont là, dans le métro, pour nettoyer les mains courantes des escalators ! Les couloirs du métro ne sentent absolument rien de suspect et les toilettes dans les restaurants sont quasiment toujours d’une propreté impeccable ! Quand on voit le soin dont les Japonais font preuve avec leurs villes, on comprend mieux leur application à entretenir une peau parfaite, comme si la propreté avait été élevée au rang de religion. [On me dit dans l'oreillette que c'est le cas.] Le grand défi, en fait, quand on va au Japon, c’est de chopper le tétanos en tombant par terre. Là, je dis bravo, puis « pas’d’bolle », puis j’appelle les Urgences. Ou dans l’autre sens.

Un jour, je vous raconterai pourquoi Tokyo est la ville la plus « user friendly » du monde, mais dans l’immédiat il faut que je sorte pour photographier les grises rues de Paris.

Bon week-end à toutes !

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8 commentaires

  1. Je rajoute des informations complémentaires :
    – L’ascenseur qui monte les 40 étages le fait en moins d’une minute.
    – Les toilettes dans les parcs publiques sont propres (même si il y a un SDF qui loge dans le parc, pas de soucis).
    – Les Japonais gardent en effet leurs déchets sur eux.

    Et puis pour le fois de boeuf, je n’y peux rien, les Japonais à côté de nous avaient l’air si ravi de nous aider à faire notre choix, je ne pouvais pas me permettre d’être incorrecte :p (ah non, je crois que c’est moi leurs ai demandé ? Yé sais plus !)

  2. Je veux vivre au Japon. On s’entendrait parfaitement sur le point de la propreté. (plus précisément des déchets).

    Bruno : Traumatisé à vie. Ah ah~

  3. Ahh les toilettes toto… toute une histoire, et il faut les essayer pour y croire ! (je confirme, c’est bien St Thomas au fait)
    Concernant la propreté, c’est exactement pareil à Séoul !! dans le métro, les ajummas (femmes d’un certain âge) se mettent à 4 ou 5 pour enlever toute trace de chewing-gum par terre avec un petit grattoir, ou pour nettoyer le plafond ( et ouais… même le plafond du métro quoi !! O_O)
    C’est vraiment différent de chez nous…. je plains les japonais et coréens qui viennent pour la première fois en France ! Ils doivent nous trouver vraiment très sales !! lol

    1. J’avais lu l’histoire des ajummas sur ton blog, je ne savais pas qu’elles enlevaient les chewing-gums, et tout. La grande classe !
      Je confirme, les Japonais nous trouve bien sales (confirmé par des amies japonaises venues étudier en France).
      Je trouve ça vraiment dommage que les Français ne soient pas si bien éduqués vis-à-vis de la propreté des lieux publics :/

  4. EXCELLENNNT XD C’est vrai que c’est complétement ça xD
    Vraiment bien décris et avec cette touche d’humour c’est géant :P

  5. J’ai adoré les toilettes japonaises, surtout la lunette chauffée!
    Par contre je n’ai pas osé tester le jet d’eau…

  6. J’ai testé le jet d’eau moi! C’est bien simple, c’est le bonheur. Il faut tester les deux positions de jet. Plus la lunette chauffée, le séchage air tiède et finalement la chasse d’eau automatique. Et bien sûr la propreté. Rien que pour les chiottes déjà, le Japon vaut le voyage.

  7. Le Ara qui rit...jaune · · Répondre

    Bonjour,

    Moi j’ai testé les toilettes… (je suis un homme). (D’ailleur pas besoin d’aller au japon pour ça, j’habite lyon et il y a des WC publics comme ceux là en plein centre ville!)
    Et bien c’est assez étonnant, bizarre au début et puis…décevant à la fin!
    En effet, une fois le lavage terminé, je prend une feuille de papier WC pour « vérifier » que le jet d’eau ait bien fait don travail, et là, la cacatastrophe!
    En fait, à part me chatouiller le derrière, cela n’a servi à rien!
    Et les japonais se disent irréprochable sur l’hygiène?????
    Mais je n’aimerais pas être proctologue au japon!
    Un fois de plus ils nous démontrent bien qu’ils donc bien des fous furieux, fans de gadgets I.N.U.T.I.L.E.S; encore aujourd’hui le soutien gorge qui s’ouvre tout seul lorsqu’une femme dépasse les 100 puls/min.

    Bref, un peuple décadent dont il faut rire (jaune) à défaut de prendre peur pour l’espèce humaine.

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