Ce que j'aimerais avoir en France – Kirin Milk Tea

Officieusement, ma première rencontre avec le thé au lait en bouteille a eu lieu le 3 août 2011, à 5 heures 07 du matin, heure locale. Réveillé juste avant le soleil, après une courte nuit réparatrice n’ayant pas totalement compensé le jet-lag (je suis une petite nature), alors qu’ELLE dormait encore, j’ai décidé de prendre ma douche, mon Tamagohada, et une fois frais, explorer le voisinage, muni de mon appareil photo et mon ignorance caractérisée du lieu où je me trouvais. Le drame, que dis-je, la rencontre, l’impact, la révélation qui bouleversa mes papilles eut lieu quelques instants plus tard, alors qu’il faisait grand soif, grande chaleur (20° à 5 heures du matin, c’est pas humain), par 35°42 ‘ 13,018″ Nord et 139°47’28,234″ Est. Allez, je vous aide, ça vous renvoie ici :

Taitō-ku, Kuramae, 3丁目4−8,  Tōkyō-to, Japon

 

Ce qui nous intéresse aujourd’hui n’est pas la mobylette (qui était d’ailleurs toujours là lors de mon passage, plus d’un an et demi après ce cliché). Ce qui nous intéresse aujourd’hui se trouve sur la gauche, derrière le poteau électrique, aux pieds duquel vous ne voyez… absolument rien, ce qui est extrêmement surprenant et déconcertant pour un Français habitué aux rues de Paris.

Au Japon d’une manière générale, à Tokyo en particulier (parce que je ne connais pas le reste du Japon), vous trouverez dix fois plus de distributeurs de boissons pour vous désaltérer (ce qui, en pleine journée, par 37° à l’ombre, n’est pas un luxe futile) que vous ne trouverez d’emplacements de Véli’b à Paris. La plupart du temps ces distributeurs de boisson appartiennent directement aux groupes agroalimentaires qui produisent et commercialisent les boissons proposées : Asahi, Kirin, Roots, Boss, Itoen pour les principales. Si Roots, Boss et Itoen nous sont de parfaits inconnus en France, vous avez probablement déjà croisé les noms de Asahi et Kirin (rien à voir avec les fromages Kiri ni Krilin, le copain de Sangoku). Mais si, cherchez bien.

Félicitations, vous avez trouvé ! Effectivement, Asahi et Kirin ne font pas dans le joueur de baseball ni dans les costumes italiens. Non. Dans nos contrées, leur renommée provient surtout de leurs boissons pétillantes à consommer avec modération. En tous cas, dans mon esprit, ces Asahi et Kirin étaient deux brasseurs et se cantonnaient donc à brasser du houblon, point barre. Grave erreur ! Au Japon, Asahi est un groupe agroalimentaire puissant, diversifié dans à peu près tout ce qui se boit, de l’eau plate à la petite mousse entre salarymen, possédant sa propre chaîne de télévision. De même pour Kirin qui, à l’instar du très occidental Coca-Cola, produit des boissons alcoolisées et non sous son propre nom et sous des marques filles.

Parmi cette ribambelle de boissons inconnues en nos terres, prenant sa place quelque part entre les classiques limonades et beaucoup moins classiques lait pétillant à l’ananas (si si, ils ont osé…), une boisson star au Japon, introuvable en France, non distribuée en Europe (en tous cas pas à ma connaissance) : le Milk Tea de Kirin, en version normale ou royale, de la petite canette de 25cl à la bouteille familiale de 2 litres.

Je ne suis pas spécialement adepte de choses mignonnes, mais le simple fait de voir cette photo me donne envie de mettre des petits coeurs partout, de chanter mon amour, de danser ma passion, de crier mon manque. Alors qu’à la base, rien n’était gagné : le thé au lait, comme son nom l’indique, est un exquis mélange de deux boissons que je n’aime pas, le thé, et le lait. Je sais pourtant fort bien que le lait est bon pour la santé, et ce n’est pas ELLE qui me contredira sur les vertus antioxydantes présumées (et avérées) du thé. Mais voilà : malgré ses nombreuses tentatives, je n’arrivais jusque là pas du tout à m’extasier sur du thé, à part peut-être sur le phénomène physique de l’infusion. Alors, comment se fait-il que l’association de ces deux ingrédients puisse produire une ligueur aussi savoureuse ? Je l’ignore. Après tout, c’est en mélangeant de la suie et de la graisse que l’on fabrique le savon….

 Le Milk Tea se boit frais, peut aussi se savourer chaud, à toute heure de la journée. Contrairement à beaucoup de boissons à base de lait, vous n’y trouverez aucun arrière-goût artificiellement crémeux, contrairement à beaucoup de boissons à base de thé, vous n’y trouverez ni l’amertume du thé, ni le sucre en excès pour masquer cette amertume. Selon mes critères, le goût du Milk Tea est un goût sphérique, lisse, d’un jaune extrêmement léger, tirant sur le blanc nacré. Le Milk Tea a aussi le goût du Japon, des longues minutes à l’attendre pendant qu’ELLE se faisait maquiller chez Jill Stuart, des longues balades entre Ebisu et Shibuya, des courtes siestes dans l’herbe et des bentos aux couleurs folles. La seule question, finalement, est celle-ci : pourquoi donc parler d’un thé au lait dans un blog beauté ? Peut-être parce qu’à l’heure des alicaments, la meilleure façon d’être belle (ou beau), c’est de commencer par l’intérieur. Car, comme dirait un immense gourou de la beauté : « La meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder. » Et ça se voit à l’extérieur (même si ELLE vous affirmera que non).

Alors, si un jour vous avez le bonheur d’aller au Japon, lorsque vous passerez devant un distributeur de boisson, ayez une petite pensée pour nous et buvez à notre santé, cela ne coûte rien sinon 100¥ et une dizaine de gorgée de petits plaisirs.

Voilà. C’était ma petite envie à  du jour. Bon week-end à toutes !

Crédit photo : Google Streetview, Kirin, LittleForestGirl.net

4 commentaires

  1. Bonjour! :)

    Alors ce thé là c’est un de mes péchés mignons depuis qu’une amie m’en a ramené du Japon! Et pourtant c’était mal parti, parce que moi le thé c’est nature. Impensable de mettre du lait dedans, ça ruine le goût du thé, ça lui donne un aspect étrange et bref, hors de question. Sauf que! Là c’est pas du thé au lait twinnings/lactel quoi. Et c’est simplement délicieux. :)
    Ah et il me semble avoir vu du thé au lait dans une épicerie avenue d’Ivry à Paris. Alors c’était pas du Kirin… mais c’était du vrai thé au lait Japonais! On progresse!

    1. Bonjour Jade,

      Avenue d’Ivry ? Mais c’est pas loin de chez moi ça ! (Enfin, tant que c’est à moins de 12 heures d’avion, je considère que ce n’est pas si loin. Rien n’est trop beau pour du thé au lait.) J’irai scruter ça attentivement la prochaine fois que Sarah me traînera du côté des restaurants asiatiques de Tolbiac.
      En tous cas, merci beaucoup pour le tuyau ! Tu as fait un homme heureux aujourd’hui :D

  2. Hahaha c’est article est dingue ! je suis allée 1 mois au Japon l’année passée et le Kirin Milk Tea y fut mon amant !!

    J’en rêve nuit et jour et je suis d’ailleurs tombée sur cette chronique en recherchant « Commander Milk Tea du Japon » dans Google :P

    1. Il faut croire que cette boisson compte de nombreuses victimes parmi les étrangers ! Il me semble qu’on peut en trouver au supermarché coréen K-Mart (Paris, 8ème) mais à un prix indécent (environ 3 euros la bouteille…)

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